Qu'est-ce qui vous a
donné envie d'être agriculteur et pêcheur en même temps ?
J'ai choisi d'être agriculteur et pêcheur car je n'avais pas beaucoup
d'autres choix : il n'y avait pas beaucoup d'entreprises comme
aujourd'hui. Pour étudier, il fallait quitter l'île pour aller en
Grande Comore.
Quel matériel
utilisiez-vous ?
Pour pêcher, je possédais deux pirogues. J'apportais une ou deux
lignes et beaucoup d'appâts et d'hameçons.
Pour cultiver, j'utilisais le shombo (couteau de forme arrondie) et
parfois une hache pour couper les grands arbres.
Alliez-vous à la
pêche avec quelqu'un ?
Je pêchais seul pendant la journée, mais la nuit, c'est trop risqué.
Je partais avec un camarade. Je connais quelqu'un parti seul, la nuit,
et qu'on n'a plus jamais revu. Je trouve qu'être pêcheur, c'est plus
risqué que d'être agriculteur. Imaginez qu'une forte pluie arrive
quand vous êtes au milieu de la mer... et il y a aussi d'autres dangers
comme les requins. Ils attaquent parfois les pêcheurs. Mais on peut le
devenir si on est courageux et prêt à surmonter tous les dangers
possibles : requins, pluie, cyclones, car on n'avait pas de télé et
peu de radios dans les villages pour écouter la météo.
Que mangiez-vous ?
Je mangeais ce que je pêchais : poissons, requin, et ce que je
cultivais : bananes, manioc, ananas... Mon plat préféré est le "mtsolola"
(mélange de bananes vertes et de manioc coupés en petits morceaux et
bouillis avec du poisson). C'est très bon.
Quels conseils
donneriez-vous aux jeunes qui veulent être pêcheurs ou agriculteurs ?
Vous savez, être agriculteur, ce n'est pas facile car ça demande
beaucoup d'efforts. Il faut aller aux champs régulièrement sinon les
herbes que vous avez coupées vont repousser. Etre pêcheur, ce n'est
pas difficile. Il suffit que tu aies une pirogue et tout le matériel
nécessaire.
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